Les titres professionnels ont-ils encore une valeur ?

Le titre professionnel est la version courte de la réponse à la question « Que faites-vous dans la vie ? ». On l’affiche fièrement sur son CV, sa carte de visite ou encore son profil Linkedin. Avec l’avènement du personal branding, les intitulés de postes sont de plus en plus originaux et flatteurs mais très souvent ne reflètent pas la réalité du terrain.

Certaines professions ont demandé (et réussi) à changer d’appellation car elles estimaient que leur nom originel avait une connotation péjorative ou alors n’était simplement pas assez sexy. C’est le cas par exemple des femmes/hommes de ménage qui sont désormais des techniciens/techniciennes de surface. Ou encore des caissiers/caissières qui préfèrent le terme « hôte/hôtesse de caisse ».
Les nouvelles appellations sont effectivement plus attrayantes, mais si « hôtesse de caisse » est assez parlant, j’ai beau chercher mais je ne trouve pas de lien immédiat entre « technicien de surface » et le ménage ou la propreté.

Attardons-nous maintenant sur les titres qui sont victimes de leur popularité et qui sont désormais utilisés à tort et à travers. L’un des exemples les plus marquants est le titre de « Consultant ». On en trouve de toutes les sortes et dans tous les domaines : SI, Stratégie, Communication, Marketing, Sport, RH, Immobilier, Cuisine, et j’en passe.
Dans la même catégorie, le titre d’Analyste n’est pas mal non plus. Ça sonne bien mais ça ne veut pas dire grand-chose.

Internet est devenu la place forte du recrutement que ce soit sur les jobboards ou sur Linkedin. Avec la multiplicité des offres d’emploi dans certains secteurs, il vaut mieux se démarquer pour attirer l’attention des candidats. Pour appâter le chaland, les recruteurs font preuve de beaucoup d’inventivité pour les intitulés de postes qu’ils proposent. « Commercial » ça fait un peu banal, on lui préfèrera « Biz Dev » ou « Business Developer » bien plus chic.
En voyant une offre de poste ayant pour intitulé « Pilote de recette », il y a fort à parier qu’elle attirera plus votre attention que son équivalent avec le titre plus évocateur « Testeur informatique ».

Rassurez-vous, les RH ne sont pas les seuls à « glamouriser » leurs offres, les candidats eux-mêmes n’hésitent plus à vendre du rêve et à rendre leur profil plus intéressant qu’il ne l’est réellement. Chacun y va de son titre ronflant : « Head of… », « Responsable de... », « Fondateur de… », « Expert en… ».
C’est de bonne guerre, ça flatte l’égo et lorsque le dosage est adéquat et que le pitch est à la hauteur du titre, le profil n’en est que plus attractif.